La mer interdite














































Entre sable et nuage
L’aile du goéland Bat les ressacs
de notre plus longue attente
François Cheng
C’est une chose assez étrange (pour ne pas dire absurde) que de voir cet espace de liberté absolu que symbolise une plage barré de grilles.
Sur l’une de celles-ci interdisant l’accès à une digue, je lisais justement l’autre jour cette phrase scotchée par un passant : «Même à Sainte Hélène on pouvait aller à la plage»... Phrase affichée comme étant tirée des mémoires de Napoléon...
Il n’en est rien bien sûr et c’était la plaisanterie d’un riverain qui mettait quelques jours plus tard : «ich bin ein baigneur» signé JFK.
L’idée demeure et interroge sur l’incongruité de cette extrémité où nous amène le confinement - par delà la nécessité de sauver des vies.
Le long de ces plages et de ces digues, des riverains se promènent, seuls, en couple ou en famille... entre confinés ! Ou, à l’occasion d’un footing, glissent une tête à travers les grilles pour apercevoir la mer, et rêvasser à ce monde d’après comme un pays de Cocagne.
Face à la mer, se rejoue ainsi l’ironique comédie du Rivage des Syrthes.
* * *
À partir du 11 mai 2020, s’est ouverte une nouvelle période dite des “plages dynamiques”. Période toute aussi étrange où il n’était pas question de se poser sur une serviette mais de vivre la plage de manière active.